Tribune

Journal Le Courier du 14 septembre 2001

Le réseau de soins Delta rembourse 100 francs à ses adhérents SANTÉ . Par ses structures originales, le réseau de soins Delta a économisé 40% de frais de santé et peut rendre 100 francs à ses assurés de la Chrétienne sociale.

"Grâce à une collaboration de tous les partenaires du secteur de la santé, il est possible de maîtriser les dépenses sans mettre en péril la solidarité sociale et la qualité des soins". Pour freiner la progression des coûts de la santé, le réseau de soins genevois Delta mise paradoxalement sur des "solutions culturelles" et non seulement économiques. Et ça marche! A la veille de l'annonce officielle - prévue le 5 octobre - des primes des caisses-maladie pour 2002, ce réseau regroupant 54 médecins de premier recours et quelque 12 000 assurés a présenté hier ses expériences permettant d'offrir une médecine de qualité à un prix stable, voire en diminution.
Le principe en est simple. Les adhérents au réseau s'engagent à toujours consulter en premier le "médecin de famille"- saufen cas d'urgence ou de soins spécifiques afin de décider, avec lui, des suites du traitement. La consommation médicale en est automatiquement freinée, sans prétériter les soins, puisque les praticiens en question se réunissent hebdomadairement en "cercle de qualité" pour échanger leurs expériences et se former les uns les autres. Ce "partage de connaissances" serait le pilier permettant une réduction de la facture sanitaire, explique le bilan produit par le réseau Delta.

ECONOMIES POUR TOUS
En fait, des éléments de gestion économique relativement techniques expliquent également le succès de ce réseau. Les caisses-maladie le finançant (Chrétienne-sociale, Helsana et Groupe Mutuel) paient un forfait global aux médecins du réseau pour l'ensemble des soins à prodiguer dans l'année. La somme allouée est calculée en fonction des risques présentés par les adhérents. Ces derniers sont donc classifiés en 64 catégories (16 paliers d'âges, homme ou femme et hospitalisation antérieure ou non) permettant de cerner au plus près le niveau des risques maladie. La compensation financière entre les "bons" assurés et les autres se fait donc au niveau du réseau.
Pour l'année 2000, le forfait global versé par la Chrétienne sociale a été réduit de 37% par rapport à un collectif de patients de même profil assurés hors du réseau. Une partie du risque, financier a donc été supporté par les praticiens. Un système de réassurance du réseau lui-même permet en outre d'assumer les traitements lourds en grevant les finances du groupe d'une somme connue d'avance. En contrepartie, les assurés participant au réseau bénéficient d'une réduction de 20% sur leurs primes maladie. Le réseau Delta ayant toutefois battu tous les records en 2000, ses coûts totaux ont permis une économie de 40%, soit une performance encore meilleure que l'exigence fixée par la Chrétienne sociale. Du coup, les médecins du groupe ont décidé de ristourner 100 francs à chaque assuré de cette dernière caisse.
Selon eux, il est donc tout à fait possible de trouver des "alternatives" pour "modifier en douceur les structures et les modes de financement actuels". Cette approche butte toutefois sur plusieurs entraves législatives provenant notamment du "principe de compromis" entre les acteurs du système de santé qui empêche d'effectuer des choix. Les médecins estiment notamment nécessaire de dépasser la controverse entre une "planification étatiques" et une "régulation selon les principes de l'économie de marchés" car les objectifs du système de santé sont multiples et contradictoires et ne peuvent être réglés simplement.
Le passage dans une assurance "médecin de familles (réseau)" - à ne pas confondre avec le système HMO où le patient n'a pas forcément le choix du médecin - peut s'effectuer pour la fin de l'année civile en contactant sa caisse-maladie par écrit.
MICHEL SCHWERI