Tribune

Journal La Tribune de Genève du Jeudi, 4 mars 2010


La pharmacie assure son avenir grâce à de nouveaux objectifs: 300 000 clients fréquentent quotidiennement les officines suisses et la pharmacie est souvent la voie de premier recours du système de santé.

Les pharmaciens ont un rôle important de triage, de conseil et d’orientation en fonction des maux décrits par leurs clients. Du fait de l’infrastructure et de la formation dont il dispose, le pharmacien est tout à fait en mesure d’assumer ces tâches en étroite collaboration et en parfaite complémentarité avec ses partenaires médecins, infirmières…
Les centres d’urgences sont parfois inutilement encombrés par des cas bagatelles qui eux aussi pourraient trouver une solution efficace et rapide dans les officines. A côté de leurs activités traditionnelles, les pharmaciens ont entrepris de renforcer leur action dans le domaine de la promotion de la santé et d’assumer un meilleur suivi des patients chroniques.
Ces dernières années, les pharmaciens suisses ont proposé des actions de dépistage diverses: diabète, cancer du côlon, broncho-pneumopathie obstructive chronique, cardio-test en collaboration avec la Fondation suisse de cardiologie ou encore, en mars 2010, l’insuffisance rénale en collaboration avec la Société suisse de Néphrologie.
Toutes ces actions ont un dénominateur commun: détecter suffisamment tôt une maladie ou un dysfonctionnement grave dont la chronicité diminuerait la qualité et l’espérance de vie des sujets atteints et générerait des coûts importants pour notre système de santé. A Genève, les pharmaciens participent étroitement au plan cantonal de promotion de la santé voulu par son ministre Pierre-François Unger.
Des ateliers interactifs et didactiques ont été proposés à deux reprises dans des officines du canton permettant aux enfants et à leurs parents de trouver des solutions simples et économiques pour répondre à une alimentation saine et à une activité physique régulière favorisant les déterminants d’une santé saine.
Dans le domaine du suivi des patients chroniques, la prochaine convention tarifaire avec les caisses maladie permettra aux pharmaciens de conduire des entretiens de polymédication avec des patients chroniques.
Le but de cette nouvelle prestation entièrement à charge de l’assurance de base est de favoriser l’adhésion du patient à son traitement et la prise régulière de ses médicaments en expliquant l’enjeu et en cherchant des solutions pour pallier les éventuels effets secondaires des traitements. Les coûts directs et indirects liés au manque de compliance des patients sont énormes et c’est une cause importante de l’échec des traitements. Les assureurs l’ont bien compris et ils évalueront d’ici deux à trois ans si cette nouvelle prestation a atteint sont but et si elle est efficace, économique et appropriée comme l’exige la loi.
Dans l’intervalle, et dans le cadre du premier réseau de soins intégrés romand, plus de 150 médecins du réseau genevois et vaudois Delta collaborent avec une trentaine de pharmacies de la place en partageant le suivi des patients chroniques atteints d’asthme, d’insuffisance cardiaque et de diabète. Parlant le même langage, tant les médecins que les pharmaciens motivent et responsabilisent leurs patients à une meilleure maîtrise de la chronicité de leur affection, gage d’économie et d’efficacité
Oui, le pharmacien a bien sa place dans une nouvelle gouvernance de la santé alliant complémentarité de compétence et efficience.